quote
Mon corps est ma terre et ma tombe : une tombe où je fais des trouvailles : une image, un geste, un visage…Cette richesse, cette vitalité, cette ouverture que tu ressens, c’est ton essence même. Mais ce qui te rends joyeux t’inquiète également. En ton fort intérieur, tu sais que tu ne peux pas communiquer cette essence aux autres. Tu n’es pas libre de révéler qui tu es. Cette faiblesse pourrait te détruire. Tu comprends ce que je dis ? Tu dois révéler ton être. Tu dois te révéler sans inquiétude.Toute cette encre sous l’épiderme aspire à te permettre de devenir toi-même, de nous montrer ton coeur d’enfant, celui que tu offrais au monde avant qu’il ne soit repoussé au fond de ta poitrine, cimenté par cette folie, cette négativité qu’on nous inculque dès l’âge de six ans.
Tu vois ce que je veux dire ? Tes parents avec leur tristesse, leur problèmes et leur pessimisme, tes professeurs, tes semblables ; tous t’ont contraint à te forger une personnalité factice pour affronter le monde. C’est un masque que tu portes, qui finit pourtant par te coller à la peau, et sous lequel souffre ton moi véritable, le petit garçon abandonné. On a tous fait cette expérience qui nous à blessés, déformés. Personne n’y échappe.
“Mais comprenons-nous bien…Ce n’est ni un jeu ni une partie de plaisir. C’est un travail difficile. Ni la vérité, ni le mensonge, mais des images, des moments du corps. On ose enfin… Des sources effervescentes inondent de force une langue lointaine et desséchée.
Je suis sûre que tu t’es imaginé que tu avais affaire à une perverse. C’est ce que tout le monde pense au début, parce que, après des années de répression, tout ce qui est accumulé peut exploser à n’importe quel moment. De fait, il peut se produire de drôles de choses en ce monde, malsaines, perverses, au-delà de ce qui est humainement décent. Pourtant tout se déroule dans la tête des gens. Comprends-moi bien, tout est dans ton esprit. Ces obsessions, cette folies disparaîtront dès que tu seras face aux désirs et aux névroses qui ont façonné ta vie. Tu pourras alors commencer à exister comme un être conscient, éveillé.
Extrait de la nouvelle “Interview” de Thierry Acot-Mirande
Tiré du recueil “Tatouages, une histoire et des histoires”
quote
We can speak without voice to the trees and the clouds and the waves of the sea. Without words they respond through the rustling of leaves and the moving of clouds and the murmuring of the sea.
quote
Parler, (…) ce n’est pas communiquer, comme on le répète trop souvent, c’est assujettir.(…) La
langue, comme performance de tout langage n’est ni réactionnaire ni progressiste; elle est tout
simplement fasciste; car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire
Roland Barthès - Leçon inaugurale au Collège de France en 1977
quote
Le langage est une législation, la langue en est le code. Nous ne voyons pas le pouvoir qui est
dans la langue, parce que nous oublions que toute langue est un classement, et que tout
classement est oppressif : ordo veut dire à la fois répartition et commination.
Roland Barthès - Leçon inaugurale au Collège de France en 1977
quote
Nous avons tant à apprendre des animaux. Si seulement nous voulions bien leur prêter attention, ils nous enseigneraient comment sauver la planète. Nous devons redevenir des gardiens de la nature, apprendre leur monde et soigner les blessures que nous avons infligées à notre environnement. Dans ce monde, tout à une place et il serait naïf de croire que l’on peut sauvegarder notre espèce en laissant les autres péricliter. Les Amérindiens croient que ce qui arrive dans le monde des Loups arrive dans le nôtre, et vice versa. Ils disent “Lui, moi.” Nous devons travailler ensemble, et alors tout le reste prendra sa juste place. Le monde animal est une vaste collaboration ; la nature n’a pas à se montrer cruelle. Les loups on des rivaux, mais ils ont besoin que ces rivaux rabattent les proies vers eux. Et aucun animal ne tue par plaisir. J’ai vu des prédateurs et leur proies boire paisiblement côte à côte, à la rivière : on aurait dis que les animaux étaient tombés d’accord sur une trêve, afin qu’aucun d’eux ne soit obligé de venir boire au moment où l’eau est envahis d’insectes, ce qui aurai été pénible pour tous. Ils coopéraient ensemble à un tel point que je m’attendais à voir débarquer Noé avec son arche.
Un homme parmi les Loups - Shaun Ellis